Soigner sa peau de l'intérieur - liens entre peau, intestin et stress


La peau est au carrefour de différents systèmes :

  • système immunitaire (il y a deux fois plus de lymphocytes dans le derme que dans le sang), 
  • système nerveux (la peau a la même origine embryonnaire que le cerveau - ectoderme), 
  • système hormonal (production d’hormones stéroïdes, glandes sudoripares (sueur) et glandes sébacées (sébum)).

 

Peau et Intestin ont beaucoup en commun

Comme l’intestin, la peau est une interface entre l’organisme et le milieu extérieur.

Comme l’intestin, la peau exerce une fonction de barrière : la surface de l’intestin représente environ 400 m2, la peau 2 m2.

Comme l’intestin, la peau est constituée d’un épithélium (épiderme) : dans l’intestin, les cellules épithéliales sont appelées entérocytes, dans la peau, elles sont appelées kératinocytes.

Intestin et peau sont vascularisés et innervés.

Intestin et peau ont un microbiote.

L’intestin est protégé par une couche de mucus. La peau est protégée par un film hydrolipidique (rôle du sébum).

Les cellules de l’épiderme se renouvellent tous les 28 jours en moyenne.

Les cellules de la muqueuse intestinale se renouvellent tous les 3 jours en moyenne.

Leaky gut et leaky skin : quand les barrières deviennent perméables

Dans une étude portant sur 80 patients, les patients acnéiques présentaient des taux plus élevés d’endotoxines dans le sang et des réactivités aux lipopolysaccharides (LPS). Aucun des contrôles sains n'a réagi à l'E. coli LPS, alors que 65% des patients souffrant d’acné ont présenté une réaction positive. Cette étude suggère qu'une augmentation de la perméabilité intestinale est un problème pour un nombre important de patients souffrant d'acné. (1)

 

 

Par ailleurs, des études ont montré que le stress et l'inflammation intestinale peuvent nuire à l'intégrité et à la fonction de protection de la barrière épidermique. Cela entraîne à son tour une diminution des peptides antimicrobiens produits dans la peau et une augmentation de la gravité de l'infection et de l'inflammation de la peau. (2)

 

Pour réparer les barrières, on pensera en première intention aux vitamines A et D, au Zinc et aux acides gras oméga 3 et oméga 6 sous forme de GLA/DGLA, ainsi qu’à la glutamine et la curcumine.

Microbiote intestinal et peau

La flore intestinale influence également la peau. La substance P est un neuropeptide produit dans les intestins, le cerveau et la peau qui joue un rôle majeur dans les affections cutanées. Un microbiote intestinal altéré favorise la libération de substance P dans l'intestin et la peau et les probiotiques peuvent atténuer cette réponse. (3)

 

Le microbiote intestinal influe sur les profils lipidiques et les acides gras des tissus et peut influer sur la production de sébum ainsi que sur la composition en acides gras du sébum. (4)

 

Cela explique peut-être pourquoi une étude russe a révélé que 54% des patients souffrant d’acné présentaient des altérations importantes de la flore intestinale. (5)

 

Une étude chinoise portant sur des patients atteints de dermatite séborrhéique a également révélé des perturbations de la flore intestinale normale1.

 

Actions des probiotiques sur la peau

Un autre élément de preuve suggérant un lien entre l'intestin et la peau est l'observation que les probiotiques peuvent améliorer les affections cutanées. Il a été démontré que les probiotiques oraux diminuent les lipopolysaccharides (LPS), améliorent la fonction de barrière intestinale et réduisent l’inflammation.

 

Dans une étude italienne portant sur 40 patients souffrant d’acné, Lactobacillus acidophilus et Bifidobacterium bifidum, en plus des soins standard, ont conduit à de meilleurs résultats cliniques que les soins standard seuls. (6

 

L'effet bénéfique des probiotiques sur la peau peut expliquer pourquoi les produits laitiers non fermentés et pasteurisés sont associés à l'acné, alors que les produits laitiers fermentés ne le sont pas. 

 

Les probiotiques oraux peuvent également réguler la libération de cytokines pro-inflammatoires dans la peau. (7

Une supplémentation avec la souche probiotique LSP1 (Lactobacillus rhamnosus SP1) normalise l'expression cutanée des gènes impliqués dans la signalisation de l'insuline et améliore l'apparence de l'acné chez l'adulte. (8)

 

Avec la modulation intentionnelle du microbiote, les probiotiques, les prébiotiques et les symbiotiques se sont révélés bénéfiques dans la prévention et/ou le traitement des maladies inflammatoires de la peau, y compris l'acné vulgaire, la DA (dermatite atopique) et le psoriasis. Dans ce domaine émergent, les recherches futures devraient améliorer notre compréhension des mécanismes complexes sous-jacents de l'axe intestin-peau, étudier le potentiel thérapeutique de la modulation à long terme du microbiote intestinal et éventuellement étendre la manipulation thérapeutique en incluant les champignons intestinaux commensaux et virus afin de tirer pleinement parti de l’influence du microbiote intestinal dans le traitement des maladies de la peau. (9)

 

Voici les études réalisées sur l'homme dans diverses pathologies cutanées comme l'acné, le psoriasis, peau sèche et sensible. Liste des souches de probiotiques utilisées, dosage et durée des prises.

Effets du stress sur la peau

Lorsque nous sommes nerveux ou angoissés, nous pouvons le sentir dans le ventre et le voir sur la peau

En dehors de l’effet du stress sur la perméabilité intestinale et sur l’immunité (le stress augmente les infections en affaiblissant nos défenses immunitaires), le stress a un impact direct sur la peau.

 

Un stress psychologique endommage la barrière antimicrobienne de la peau et aggrave la sévérité des infections cutanées (10). En période de stress psychologique, la barrière cutanée est perturbée, de même que l'intégrité et la fonction protectrice de la couche cornée (11). En outre, un grand nombre de maladies de la peau, notamment la dermatite atopique et le psoriasis, semblent être précipitées ou exacerbées par le stress psychologique (12).

 

 

La démangeaison (prurit) est peut-être le symptôme le plus courant associé à la majorité de ces affections cutanées inflammatoires. Les perceptions aiguës ou chroniques de stress sont reconnues pour déclencher ou aggraver le prurit. Une multitude de médiateurs libérés de manière systémique ou locale dans la peau en réponse au stress augmente l'innervation sensorielle, régule à la hausse la production d'autres agents prurigineux, perpétue l'inflammation et abaisse le seuil de tolérance (13).

 

Les vitamines A et D, le magnésium peuvent améliorer la réponse de la peau au stress. Les plantes adaptogènes (rhodiole, schisandra, ashwaganda, ginseng, éleuthérocoque par exemple) ont aussi un rôle à jouer pour moduler cet axe du stress et le taux de cortisol.

Référence :

 

1 : Zhang H., Yu L., Yi M. & Li K. (1999) Quantitative studies on normal flora of seborrhoeic dermatitis. Chinese Journal of Dermatology 32, 399–400.

Lire aussi 

 

- Histamine et inflammation de la peau

 

 

- Êtes-vous une famille GAPS©… qui a des problèmes de peau ?

 


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